À Genève, en 1976, c'est comme dans toutes les grandes villes le règne du béton, de la voiture et de la publicité. Jonas, le quatrième enfant de Mathieu et Mathilde vient d'y naître. Il aura donc 25 ans en l'an 2000 et ses parents voudraient bien que son monde, alors, soit plus beau que le leur aujourd'hui. Mathieu est ouvrier typographe, mais au chômage il se fait engager comme journalier chez un couple de fermiers, les Certoux, dont le mari, Marcel, est amoureux des animaux plus que de sa femme, Marguerite, qui se donne à des travailleurs immigrés pour leur " rendre service " mais aussi pour arrondir ses fins de mois. Mathilde, la mère de Jonas, souhaite faire des enfants en permanence pour ne pas se sentir " vide ", elle est ouvrière en usine. Tous sont amis de Marco, le professeur d'histoire qui veut que la vérité soit dite à l'école, et de Marie, sa maîtresse, caissière dans un supermarché où elle fait payer moins cher les " économiquement faibles ", générosité qui lui vaudra de faire un court séjour en prison. Quant à Max, ancien militant " révolutionnaire " il est correcteur dans un journal et ne croit plus à rien jusqu'à sa rencontre avec Madeleine, secrétaire dans une société d'intérim, adepte de l'hindouisme et convaincue que le bonheur se trouve en Orient, ce dont elle convaincra Max. Tous se rencontrent, partagent tant bien que mal désillusions et espoirs. Charles, l'ancien cheminot à la retraite est sans doute, parmi tous ces révoltés en puissance déçus de l'échec de Mai 68, celui qui voit le plus clairement qu'il faut refuser ce monde oppressant où la liberté est soumise à l'argent, l'amour à la réussite. Le refuser pour que Jonas vive plus heureux en l'an 2000. |