Sauveur (Guillaume Canet) a reçu pour seul héritage la révélation de l'identité de son père. Il abandonne tout pour le rejoindre. Lors d'un premier contact téléphonique, Bertrand (Jean Yanne) nie sa paternité en termes blessants. Choisissant alors l'anonymat, Sauveur se glisse auprès de lui dans un rôle de comparse pour une escroquerie sans envergure. Commence alors l'apprentissage de la désillusion. Quand il jette le masque devant son père, Sauveur aurait dû comprendre que l'auteur de ses jours ne se sentirait jamais engagé par ce lien, mais l'espoir de reconnaissance est plus fort, et le jeune homme reste fidèle à l'escroc. Les étapes de la déception de Sauveur suivent celles de leur petite escroquerie, jouée de ville en ville auprès de gens modestes auxquels Bertrand fait espérer un héritage. Pour ce faire, il se présente en greffé du cœur qui veut récompenser la famille de son donneur. "Je n'ai pas d'héritier" devient non seulement son refrain d'escroc, mais aussi son credo de père accidentel... En cherchant une "arbalète" (un séducteur professionnel qui abuse les femmes pour faire transiter des sommes d'argent sur leurs comptes en banque), Bertrand donne bien malgré lui l'occasion de s'imposer enfin à son père. La jeune victime s'appelle Sandra (Laurence Côte), une jeune photographe dans une petite ville. La proie idéale... |