L'ingénieur du son Philip Winter quitte Francfort pour Lisbonne, à la demande de son ami Friedrich Monroe, qui y termine un film. Du nord au sud de l'Europe, sa vieille voiture file sur les routes, non sans ennui à l'arrivée. Friedrich n'est pas chez lui, il a disparu sans explication. Installé dans l'appartement resté ouvert, Philip y reçoit régulièrement les visites d'une petite bande d'enfants à qui Friedrich a demandé de se filmer les uns les autres avec un caméscope. Il les amuse et les fascine en se livrant devant eux à des séances de bruitage qu'il réalise à l'aide d'instruments sortis de ses nombreuses valises. Poussant une porte, il a découvert une grande pièce sombre, où un groupe musical, Madredeus, tient ses répétitions. La chanteuse, Teresa, à la voix captivante, est la propriétaire des lieux. Philip n'est pas insensible à sa beauté. Elle lui confie la clé de la maison quand le groupe part en tournée, après avoir enregistré la musique du film. Pendant ce temps, il va écumer la ville et y enregistrer les sons du film encore inachevé, images muettes visionnées sur la table de montage et tournées par Friedrich avec une vieille caméra à manivelle comme celle de Buster Keaton dans Le camÉraman. Une séquence montre le cinéaste Manoel de Oliveira se livrer, en imitant Charlot, à un hommage ému et amusé au cinéma d'autrefois. Philip a tout tenté pour retrouver Friedrich, jusqu'à se faire escroquer. Un jeune garçon muet, Ricardo, déjà mystérieusement aperçu à plusieurs reprises, le conduit auprès de son ami, créateur vaincu, dont le projet de cinémathèque a échoué. Qu'est-ce qu'une image si elle n'est pas vue ? Friedrich s'est jeté, depuis, à corps perdu dans la pratique de l'image vidéo. Mais pourquoi devrait-il ainsi gâcher sa vie avec des images jetables, alors qu'il peut créer des images indispensables avec son cœur sur le support en celluloïd ? Tel est le sentiment de Philip, qui va exhorter Friedrich à terminer le film. |